Transformer cette réalité ne passe plus uniquement par le verdissement des véhicules. Il s’agit de revoir en profondeur la manière dont les flux sont organisés, où les plateformes s’implantent, comment le foncier est mobilisé et comment s’articulent les solutions du premier au dernier kilomètre.
Dans ce contexte, Anne-Marie Jean, co-autrice du rapport Logistique urbaine durable et ancienne Vice-Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, revient sur les évolutions en cours et les conditions nécessaires pour passer d’initiatives isolées à une organisation plus structurée à l’échelle des territoires.
1. Vous êtes co-autrice du rapport “Logistique urbaine durable”. Pouvez-vous revenir sur les principales conclusions de ce rapport ?
AMJ : Nous posons un constat simple : la logistique urbaine est une fonction essentielle aux territoires mais elle reste trop souvent traitée comme un sujet technique ou relevant exclusivement des acteurs privés alors qu’elle touche à la vitalité économique, au cadre de vie, à la qualité de l’air et à l’usage de l’espace public. Nous avons pu observer des avancées réelles, mais très hétérogènes en fonction des territoires. Il faut passer d’une logique d’initiatives locales à une stratégie d’ensemble tournée vers l’action.
2. Vous défendez l’idée que la logistique urbaine est une politique publique à part entière. Concrètement, qu’est-ce que cela change dans la manière dont les collectivités doivent s’en saisir ?
AMJ : Cela implique d’abord un portage politique clair, avec un élu référent et des moyens dédiés, plutôt qu’un sujet diffus sans porteur identifié. En pratique, la logistique urbaine doit devenir un objet de stratégie territoriale, au même titre que les mobilités ou l’urbanisme. Cela suppose aussi que tant les élus que les agents des collectivités soient formés à appréhender ces enjeux, notre rapport fait des propositions à ce sujet.
3. Au cœur de votre table ronde sur les nouveaux espaces de logistique urbaine, la question des coopérations entre acteurs sera centrale. Quelles sont aujourd’hui les alliances clés à construire pour structurer les territoires ?
AMJ : Les alliances clés sont d’abord celles du terrain : collectivités, transporteurs, logisticiens, commerçants, artisans, chargeurs, citoyens doivent co-construire des règles et des solutions adaptées. À l’échelle nationale, il faut renforcer le dialogue entre associations d’élus, services de l’État et fédérations professionnelles afin de maximiser les synergies et faire bouger les lignes de façon concertée.
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